Transaction · Premier chapitre offert
Cet essai garde vos réponses pendant la visite. Fermer ou actualiser la page les efface.
Chapitre 1 · Premier passage · Les repères
Le mandat : ce que vous pouvez faire, et ce que vous ne pouvez pas
Situer votre agence dans la loi Hoguet, lire un mandat et savoir jusqu’où votre habilitation vous permet d’agir.
Tout ce que fait une agence immobilière tient dans trois documents : la carte professionnelle, votre attestation d’habilitation et le mandat. Les connaître, c’est savoir ce que vous pouvez promettre, signer ou encaisser — et ce que vous devez faire décider par quelqu’un d’autre.
Les mots du métier, simplement
- Titulaire de la carte
- La personne (ou société) qui détient la carte professionnelle délivrée par la CCI et sous la responsabilité de laquelle vous exercez.
- Attestation d’habilitation
- Le document, visé par la CCI, par lequel le titulaire de la carte vous autorise à négocier pour son compte.
- Mandant
- Le client qui confie une mission à l’agence par le mandat : le vendeur, le bailleur, l’acquéreur en recherche.
- Registre des mandats
- Le registre de l’agence où chaque mandat reçoit un numéro, dans l’ordre chronologique.
- Contrat hors établissement
- Contrat signé ailleurs qu’à l’agence, par exemple chez le client : le consommateur dispose de quatorze jours pour se rétracter.
Une agence exerce sous la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet, et son décret d’application du 20 juillet 1972. Trois activités, trois mentions sur la carte professionnelle : transaction, gestion immobilière, syndic de copropriété. La carte est délivrée par la chambre de commerce et d’industrie pour trois ans ; elle suppose une assurance de responsabilité civile professionnelle et, dès que l’agence détient des fonds pour ses clients, une garantie financière. Son numéro figure sur tous les documents de l’agence : mandats, annonces, courriers.
Vous n’êtes pas titulaire de la carte : vous êtes habilité par elle. Chaque négociateur, salarié ou agent commercial, reçoit du titulaire une attestation d’habilitation visée par la CCI. Elle définit ce que vous faites au nom de l’agence. L’agent commercial non salarié ne peut ni recevoir ni détenir des fonds, ne peut pas rédiger d’acte autre que le mandat, ne donne pas de consultation juridique et ne dirige pas d’établissement (loi Hoguet, art. 4).
Le mandat écrit précède tout. Sans mandat signé avant, il n’y a ni négociation, ni annonce, ni honoraire dû (loi Hoguet, art. 6 ; décret de 1972, art. 72). Il porte un numéro et s’inscrit, par ordre chronologique, au registre des mandats de l’agence. Il indique l’objet, le prix de présentation, la durée, les honoraires et qui les paie, et l’étendue des pouvoirs confiés.
Le mandat le plus courant vous charge de rechercher un acquéreur et de négocier ; il ne vous donne pas le pouvoir de vendre à la place du propriétaire. Accepter une offre, baisser un prix, signer un compromis : ces actes exigent soit une clause expresse dans le mandat, soit la décision du mandant lui-même. Recevoir une offre n’est pas l’accepter : vous l’enregistrez, vous la transmettez et vous faites décider.
Mandat simple ou exclusif : en exclusif, le vendeur s’engage à ne passer que par vous. Passé trois mois, chaque partie peut dénoncer la clause à tout moment avec un préavis de quinze jours par lettre recommandée (décret de 1972, art. 78). Un mandat signé chez le client est un contrat conclu hors établissement : formulaire de rétractation joint, délai de quatorze jours, et pas de commercialisation avant la fin du délai sans demande expresse du vendeur (Code de la consommation, art. L. 221-18 et L. 221-25).
Les honoraires se lisent sur le barème affiché à l’agence et sur son site, toutes taxes comprises, avec la mention de qui les paie ; le mandat et l’annonce doivent dire la même chose. Ils ne sont dus qu’une fois la vente effectivement conclue et constatée dans un acte écrit (loi Hoguet, art. 6) : aucune somme ne peut être réclamée avant.
Le réflexe à garder : avant d’annoncer, de promettre ou d’encaisser, vérifiez trois choses. Le mandat existe-t-il, est-il en cours, que permet-il ? Votre habilitation vous autorise-t-elle cet acte ? Qui décide vraiment : le mandant, tous les indivisaires, un tuteur ? Quand l’une des trois réponses manque, vous préparez le dossier et vous faites décider par la bonne personne.
- 3 ansValidité de la carte professionnelle, délivrée par la CCI
- 3 moisDurée après laquelle une exclusivité se dénonce librement, avec 15 jours de préavis
- 14 joursRétractation du vendeur pour un mandat signé hors établissement
- 0 €Aucune somme n’est due à l’agence avant la conclusion de la vente
Ce que disent les textes
- Loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, art. 4
Les collaborateurs sont habilités par le titulaire de la carte ; l’agent commercial ne peut ni recevoir ni détenir des fonds.
- Loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, art. 6
Mandat écrit préalable ; honoraires dus seulement une fois l’opération effectivement conclue et constatée par écrit.
- Décret n° 72-678 du 20 juillet 1972, art. 72, 73 et 78
Registre des mandats, mentions obligatoires, dénonciation de l’exclusivité après trois mois.
- DGCCRF — L’agent immobilier : les règles qui encadrent la profession
Carte professionnelle, garantie financière, attestation des collaborateurs, affichage des honoraires.
- Carte, habilitation, mandat : trois documents, trois questions à se poser avant d’agir.
- Le mandat écrit précède la négociation ; sans lui, rien n’est dû.
- Recevoir une offre n’est pas l’accepter : vous faites décider le mandant.
- Agent commercial : jamais de fonds entre vos mains, même un chèque à l’ordre du notaire.
