Transaction · Avant et pendant le rendez-vous vendeur
Préparer le rendez-vous d’estimation
Du premier appel à la signature, en un seul rendez-vous
Un rendez-vous d’estimation se gagne avant d’y aller. Les informations réunies au téléphone et les pièces consultées en amont décident de ce que vous pourrez annoncer sur place — et de votre capacité à repartir avec un mandat plutôt qu’avec une promesse de rappel.
1Au téléphone, avant de fixer la date
Cinq minutes ici valent une heure sur place. Sans ces réponses, le rendez-vous se transforme en visite de courtoisie.
- Qui est propriétaire, exactement
Un seul nom, un couple, une indivision, une SCI, une succession ? Tous les vendeurs doivent signer le mandat.
- Y a-t-il déjà un mandat en cours
Avec quelle agence, simple ou exclusif, depuis quand. Un mandat exclusif en cours interdit de faire signer avant son terme ou sa dénonciation régulière.
- Pourquoi vendre, et pour quand
Achat en cours, mutation, séparation, succession. Le motif fixe le degré d’urgence, et l’urgence décide du prix acceptable.
- Le prix espéré, annoncé par le vendeur
Le noter tel qu’il le dit. C’est votre point de départ, et l’écart avec votre fourchette est le sujet du rendez-vous.
- Le bien est-il occupé
Libre, occupé par le vendeur, loué. Un bail en cours change la cible d’acquéreurs et la valeur.
- Qui sera présent au rendez-vous
Fixer la date en présence de tous ceux qui décident. Un rendez-vous sans le conjoint est un rendez-vous à refaire.
2Ce que je réunis avant de venir
Consultable en amont, sans déranger le vendeur. Vous arrivez en sachant des choses qu’il ne vous a pas dites.
- Les ventes comparables des douze derniers mois
Actes récents dans le secteur, biens réellement vendus, pas les annonces en cours.
- L’historique du bien
Déjà proposé à la vente ? À quel prix, par qui, pendant combien de temps ? Un bien qui a traîné a une réputation.
- Les annonces concurrentes en ligne
Ce que l’acquéreur verra à côté de votre bien, au même prix.
- Le règlement de copropriété et les derniers procès-verbaux
Si le bien est en copropriété : travaux votés, procédures en cours, état du fonds de travaux.
- Les règles d’urbanisme applicables
Zonage, servitudes, risques. Utile pour parler extension, division ou stationnement sans se tromper.
3Sur place : ce que je relève
Séparez ce que vous constatez, ce que le vendeur déclare et ce qui reste à vérifier sur pièces. Les trois n’ont pas la même valeur.
- Les atouts qui se paient
Exposition, vue, calme, stationnement, extérieur, état général. Ce sont vos arguments de prix.
- Les points qui coûtent
Travaux visibles, nuisance, contrainte de distribution, classe énergétique. Les dire au vendeur maintenant évite de les subir en négociation.
- Les déclarations à vérifier
Surface, année des travaux, montant des charges, absence de sinistre : noté comme déclaré, à confirmer sur pièce.
- Les pièces que le vendeur me remet aujourd’hui
Taxe foncière, diagnostics existants, factures de travaux, titre de propriété.
4La recommandation de prix
Annoncez une fourchette de marché, puis le prix de mise en vente. Ce sont deux choses différentes, et le vendeur doit entendre les deux.
- La fourchette de marché, justifiée par les comparables
Bas et haut de fourchette, avec les ventes qui les fondent.
- Le prix de mise en vente retenu
Au-dessus du haut de fourchette, la marge de négociation doit rester tenable : au-delà, le bien ne reçoit plus de visites et se grille.
- Le calendrier de prix, écrit et daté
Les paliers de révision convenus dès la signature, avec leurs dates. C’est ce qui vous évite la conversation pénible du deuxième mois.
- Ce que je m’engage à faire, et quand
Diffusion, photos, visites, compte rendu. Un engagement précis se tient et se vérifie.
5Avant de repartir
- Le mandat est signé par tous les propriétaires
Ou, à défaut, une date de signature est arrêtée avec le motif du report.
- Le calendrier de prix est annexé et signé
- Les pièces manquantes sont listées, avec qui les fournit et pour quand
- La prochaine étape est datée
Pas « je vous rappelle » : un jour et une heure.
Les pièges
- Sans mandat écrit, aucune commission n’est due, même si la vente se fait grâce à vous : le mandat précède la négociation, il ne la régularise pas après coup.
- Tous les titulaires du bien signent. Un mandat signé par un seul indivisaire ne vous protège pas.
- Un mandat exclusif en cours dans une autre agence : vérifiez sa date et ses conditions de dénonciation avant de faire signer quoi que ce soit.
- L’état des risques se remet dès la première visite du bien, pas à la promesse : anticipez-le dès la prise de mandat.
Les textes
- Loi Hoguet du 2 janvier 1970, article 6 — mandat écrit préalable
- Décret du 20 juillet 1972, article 78 — mandat exclusif et dénonciation
- Service Public — état des risques remis dès la première visite
Cet outil est une trame de travail. Il ne remplace ni les vérifications des professionnels concernés, ni les conseils du notaire chargé de la vente.
La bibliothèque s’enrichit
Un outil de plus chaque mois.
Les outils sont rattachés aux chapitres qu’ils prolongent : vous apprenez la règle en situation, puis vous repartez avec le document qui la met en œuvre.
